Pandémie

Ils sont formidables, on ne s’en lasse pas. Mais on doit sérieusement s’en agacer quand le frigo est vide et que seuls les remboursements Sofinco donnent la nausée le 5 du mois. Comme il y a un an, « c’est moins pire que prévu ». Faut-il commenter ? Non. Y a rien à faire, ils pigent pas. Ici et là, on lit : « putain, le FN, 18, 20, 22 % dans ma commune, ça donne envie de gerber. » Régurgiter ? Un luxe. Personnellement, ça me coupe davantage l’appétit. Jeûner ? Un luxe. J’essaie de comprendre. Dix millions de travailleurs pauvres qui vivent avec moins de 890 € par mois (890 € mensuels, on est d’accord, c’est pour les mieux lotis). Ceux-là ne représenteraient pas l’électorat Marine. Parce qu’ils ne vont plus aux urnes. Le droit de vote, un devoir. Celui de bouffer, une nécessité. Et comme l’un n’assure plus l’autre, alors, parfois, pour exprimer sa colère… Mais, une fois n’est pas coutume, mettons-les donc de côté et ne les rendons pas responsables de tous nos maux. Ils ont assez à faire avec les leurs.
Les autres, ceux qui vivent avec plus de 890 € par mois, les ouvriers, les métiers « sous-qualifiés », les services à domicile, les mères-pères-célibataires, (…) pour qui ont-ils voté ? Parait que la gauche ne leur parle plus (scoop : elle ne parle plus à personne, elle ment à tout le monde). Les chômeurs ? Il y a deux écoles. Les uns ne se risquent pas à voter FN, le maréchal Le Pen a prévu de couper fissa les alloc’ sitôt ses fesses posées sur le trône. Les autres se disent qu’un peu de protectionnisme (de révisionnisme et de négationnisme mais ils ne le savent pas encore) n’a jamais nuit à personne.  Les classes moyennes (= les fonctionnaires) croient encore, un peu, à la gauche… mais trouvent que, quand même, son pouvoir d’achat a du plomb dans les ailes. Un petit coup de règle sur les doigts, ça n’a jamais tué personnes, alors… Les Français plus avantagés (on les reconnait facilement, les beaux jours venus, ils sortent le barbecue Weber) ? Parfois, les socialos. Souvent Sarko, le dépositaires de leur « héritage ». Mais ils ont toujours cru aux vertus de la fessée. Au moins pour emmerder ces crevards de gauchistes. Alors, de temps en temps…
C’est vrai, l’épidémie est « moins pire que prévu ». La pandémie, elle, est bien là.

Sainte Agnès

PS : analyse aussi précise et cynique que peut l’être une commande à un institut de sondage.
PS » : 79 % d’opinion défavorable pour Zlatan, l’attaquant du PSG qui trouve que la « France est un pays de merde ».

Une réflexion au sujet de « Pandémie »

  1. La veille du premier tour, une amie collait des affiches pour une rencontre avec un écrivain syrien, venu parler de la situation là-bas, mais aussi de cuisine et de culture. Dans son dos, ces commentaires : « On est assez dans la merde, en France ! Et en plus, faudrait s’occuper de la merde des autres ? »
    Quand elle s’est retournée, elle a reconnu deux retraités de la classe moyenne et elle les a imaginés, une heure après, poussant leur caddie archi-plein au supermarché.
    Ceux qui ont le vote haineux, en effet, ne sont pas ceux qui sont le plus « dans la merde », mais ceux à qui on ne cesse de répéter qu’ils le sont et qui finissent par le croire. Les élections, parait-il, se gagnent ou se perdent auprès des classes moyennes.
    Et les révolutions, alors ?

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