La sociologie est un sport de comptoir

La seule sociologie qui vaille est la sociologie de comptoir et voici ce qu’elle nous enseigne sur la situation électorale de nos contrées. Tous les métiers et activités qu’on regroupe habituellement sous le terme « indépendant » ou « profession libérale »  formaient il n’y a pas si longtemps le cœur de l’électorat de droite. Horlogers, pompistes, photographes, fabriquants d’andouilles et de gâteaux secs, grossistes en fruits et légumes, négociants en vin (gros et détail), bouchers, charcutiers, droguistes et cordonniers, tailleurs et quincailliers, sans compter tous les genres et styles de bistrotiers, de patrons de boite de nuit et d’aubergistes (noces et banquets).
Et bien les voici évaporés, liquidés, lyophilisés, ratiboisés, anéantis ou en voie de l’être par la déraison économique que leur vote soutenait. Il reste quelques notaires et quelques huissiers, bien qu’Attali ai tenté de les éliminer, mais les médecins et les pharmaciens demandent maintenant à être subventionnés, ce qui n’est pas bon signe. Heureusement les pompes funèbres filent encore bon train. Il n’est qu’à traverser un de nos bourgs en déshérence où le moindre limonadier qui s’installe sera bientôt honoré à l’égal d’une divinité grecque.
Comment voulez-vous que la gauche fasse moins de 70 % puisque seule subsiste la catégorie vague des employés mal payés, des ouvriers bientôt licenciés, des allocataires du RSA, des auto-entrepreneurs en faillite et des retraités type « retraite de Russie » ? Et encore nous n’avons pas parlé des paysans qu’il faudra bientôt protéger comme les phoques et les ours. On comprend mieux les tentatives désespérées de l’UMP pour séduire la seule richesse qu’il nous reste : le pauvre.

 Captain Krampouz

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