T’es passée où, Marie ?

« Ce texte c’est pour la grande Marie et aussi pour vous citer tous les Dilhad Sul, vous rendre un peu hommage… avec votre humour à la con ! »

Marie, pour une fois on était à l’heure devant la petite église de Plouyé, tous tes copains et tes proches, serrés entre les rafales glacées qui sarabandent sur le parvis. Des vieux à casquette, des z’artistes à chapeaux de feutre noir, des ptits gars à boucle d’oreille, des filles emmitouflées dans des écharpes de couleurs. Couleurs Kreiz Breizh.
T’as ton nez qui coule, la belle ! Non, c’est mes yeux.
Laetitia était pimpante comme toujours : T’as vu, j’ai mis mes plus belles chaussures pour la Marie, maintenant je me les pèle !
Mon cœur à moi faisant pin-pon, premiers secours, arrive donc, la Marie !
Des vieilles dames aux cheveux mauves m’ont souri.

Marie, je t’ai cherchée désespérément des yeux, pas vue, tu serais en retard ?

Marie, on était un peu anesthésiés pendant cette messe, heureusement qu’Annie a chanté, et Lors aussi. Comme une promesse que t’allais pas tarder à surgir. On a encore risqué la pneumonie sur le parvis. Puis sous un vrai grain de glace fondue, on a couru vers la salle des Fêtes. On se serait cru en Terre-Adélie, tellement ça pinçait. Nous, pauvres pingouins, on avançait les bras ballants vers une promesse de café-gâteaux, où pour la première fois, tu n’allais pas brandir, triomphante, un cake de ton invention. Qui d’autre que toi, Marie, peut nous convaincre qu’il ya rien de meilleur que le cake aux orties? Surtout si on y ajoute des graines de courge. Tu parles ! Marie on t’aime bien, mais ralentis sur tes cakes et élixirs à base de mauvaises herbes, on préfèrera toujours le pinard !

Le Marlu en face de moi, celui qui se marrait avec toi sur Dilhad Sul, votre site bouffon et insolent, tendre et rebelle, il était définitivement crêpes beurrées des deux côtés, je l’ai regardé faire. J’ai regardé les dames de Plouyé courir entre les tables, mortifiées de ne pouvoir servir toute cette grande famille « comme il faut ». J’ai regardé les casquettes posées sur la nappe en papier, entre les miettes. Des vieux messieurs un peu absents. Les dames aux cheveux violets commençaient à rosir. Au bout de ma table, Aliceu dessinait encore des petits lapins qui te tendent des fleurs, Gé attaquait un débat sur la CIA avec Marc. Alain m’a raconté sa copine normande, qui met le beurre directement sur le camembert, sans pain, quand elle est au régime. J’ai attaqué le pâté, pensant que ça allait te faire arriver. Tu fous quoi, à la fin ?!

Et puis j’ai compris que tu viendrais pas, Marie. Quand Gildas s’est levé pour chanter en vannetais. Qu’il nous a cloué tous le bec avec sa voix venue de landes brumeuses. Une voix à faire valser l’Ankou. C’était beau, à en crever. Et toi tu es morte Marie, j’ai bien entendu cette fois-ci. C’est Gildas qui me l’a dit, il était beau à chanter comme ça. Sa voix et le vent dehors; On est en Bretagne et pas ailleurs. Le lascar, il m’a déchiré tous mes faux-espoirs de te revoir vivante, et j’ai su que c’était la vie qui reprenait ses droits.

On est restés tapis dans notre chagrin, silence, juste le bruit d’une cuillère qui godille dans un bol de café noir. La salle embuée, les yeux embués, les cœurs embués. A patauger chacun dans son jardin secret, avec toi qui claironne dans les allées boueuses. T’es en bottes et nous en escarpins trop serrés. Dehors un ciel gris bleu plombé, des feuillage verts tendres, à faire pâlir un aquarelliste débutant. Pinceaux verts qui ploient sous les bourrasques.

On est sortis avec Laetitia, paraît que tu attendais sagement dans la camionnette des pompes funèbres. On a mis not’ nez au carreau pour vérifier. Toute seule, dans ce froid, quand nous on était bien au chaud, si serrés les uns contre les autres. Peine contre rage, à tenter de faire la nique à la mort. Comment t’as dû râler, Marie, à étouffer sous toutes ces fleurs pas assez sauvages pour toi ! Je t’entends d’ici.

Marie, je vais encore te chercher un moment dans les manifs à venir. Avec tes pancartes joyeuses. Dans les files d’attente au festival de cinéma. Ton altruisme et ta curiosité en bandoulière. Au détour d’un chemin creux, au fest-deiz de la Quincaille, aux festoù-noz.

En vain. Te chercher des yeux, te chercher du cœur.

Et te retrouver un jour au creux d’un bouquet de pissenlits. Sacrée Marie !

 Caroline Troin 

marie-parapluie

Les pissenlits par la racine ou
« Tout est joli dans l’pissenlit »

La Grande Marie vient à peine de commencer à manger les pissenlits par la racine qu’elle nous envoie déjà une recette ! Incorrigible.

Avant de profiter des vertus dépuratives de leurs jeunes feuilles en salade printanière, vous pouvez, dès le mois de février, vous préparer des racines de pissenlits. Et c’est même pas une blague, comme l’indique cette recette tirée de L’almanach des fleurs sauvages, éd. Delachaux et Niestlé (collection « Terre Sauvage ») :

Racines de pissenlits aux champignons et à la crème

1- Armez-vous d’une bêche et de bonne volonté, et récoltez 500 grammes de racines entières, très goûteuses à cette époque de l’année (si, si).
2- Lavez et brossez soigneusement votre récolte.
3- N’épluchez pas les racines (si vous y tenez, grattouillez-les légèrement), mais coupez-les en tronçons et mettez-les à tremper 10 minutes dans de l’eau citronnée et salée, cela pour éviter le noircissement.
4- Égouttez les racines et faites-les cuire dans de l’eau salée pendant 20 minutes (laissez bouillir).
5- Émincez un oignon et trois gousses d’ail, faites-les fondre dans de l’huile d’olive (ou du beurre, hein, soyons fous). Ajoutez 200 grammes de champignons de Paris émincés, un demi-verre de vin blanc, une poignée de persil grossièrement haché. Laissez cuire 10 minute à couvert et à feu doux.
6- Salez-poivrez, ajoutez les racines de pissenlits bien égouttées, laissez cuire encore un petit quart d’heure.
7- Ajoutez en fin de cuisson deux bonnes cuillerées à soupe de crème fraîche épaisse, saupoudrez de muscade, rectifiez l’assaisonnement.

Ça se sert avec un petit rouge léger et ça peut agréablement s’accompagner de riz basmati, à c’qu’on dit.
Bon appétit, c’est ça la vie !

(Avec Alice Dufaud)

À plus, Marie

Marie, on fait comment, nous, maintenant pour continuer sans toi ? Déjà, on t’avait accordé un congé « remise en forme » sans solde. Dilhad Sul en a souffert. Des billets et des dessins publiés cahin-caha (avec toi, c’était réglé comme une partition en si bémol), dans l’urgence, en croisant les doigts pour qu’on en ait assez sous la semelle, pour tenir une semaine, puis deux, puis trois. On s’en sortait toujours. Mais, loin de nous, et pourtant si proche, on t’imaginait pester. D’ailleurs, parfois, entre deux permanences à Morlaix, tu reprenais du service, nous suggérant de publier le billet d’un ami, déniché sur les réseaux sociaux. T’avais du nez. C’était toi « la commandeuse » en chef, celle qui gérait l’intendance et, parfois, souvent, nous invitait à mettre de l’eau dans notre vin. Pour autant, tu ne tergiversais pas. Fallait pas t’enquiquiner. Qui te cherchait te trouvait. Tu étais notre « empoisonneuse », celle qui réussissait à nous faire avaler des trucs qu’on voulait même pas savoir d’où ça sortait et qui nous assurait que ces recettes-là feraient du bien aux lecteurs de Dilhad Sul. T’avais raison. Hier, la bouche en feu, aujourd’hui le cœur en braise. Des baumes de pâquerette, de camomille, du pesto d’ail des ours, de la limonade au sureau, de la sauge séchée (« pour te purifier Titia »), de la lavande 100 % lavande (« parce que d’ordinaire, ce qu’on te vend, c’est du lavandin »), de l’absinthe, etc. etc. Tout ça était censé nous faire du bien. Pourtant, aujourd’hui, on a la gueule enfarinée, l’estomac dans les talons et le cœur dans les chaussettes. Les Rroms, les Kurdes, les Trans, Poullaouën (ceux-là sont à moitié une minorité aussi), nous te pleurons tous. Nous pleurons ta gentillesse, ta droiture et tout le reste (1m83, quand même !). Mais on a hâte de t’entendre enguirlander le service des pompes funèbres et de t’imaginer, quelque part, convertir les culs serrés aux joies de la vie en autarcie et libertaire. Pour toi, la copine Aliceu, a sorti ses plus beaux crayons. Tu vas nous manquer Marie, la grande.

Sainte Agnès
(« Titia »)

Mariecoulweb

Aliceu 

Bientôt, dans Dilhad Sul, la dernière recette de la grande Marie :
Salade de pissenlits par la racine.

GK

je suis marie DSG

lgmM.

Marie, nous voilà précipités dans 2015, poussés dans le dos par des mecs armés de kalashnikov et des crabes assassins. On essaie de faire marche arrière. Non ! Non ! C’est une erreur. Laissez-nous recommencer, bordel ! C’était juste un brouillon de début d’année. On va refaire ça en mieux, en beaucoup mieux, on le jure. On ira cueillir des fleurs, des plantes, on en fera des tisanes, des onguents, des parfums, des alcools aux effets troublants, des philtres d’amour, des philtres de bonheur… Ouvrez ! Ouvrez !
Merde ! La porte s’est refermée et des salauds ont jeté la clé. Ils ont gardé Marie. Nous voilà jetés sur un grand parking. Pas un brin d’herbe. Juste l’asphalte à perte de vue, avec quelques immeubles de béton, à l’horizon, et des voitures dérisoires, échouées là, qui attendent de nous reprendre après, après quoi ? pour nous emmener où ? Marie, le vent est trop froid… T’es où ? On a beau se serrer les uns contre les autres, on n’arrive pas à se réchauffer. On maudit le rouleau compresseur du temps qui tente d’écraser nos parkings, nos vies.
Si t’étais là, tu dirais que les jours rallongent, qu’on va vers les bourgeons et qu’ils nous auront pas comme ça, que s’ils ferment des portes, on rentrera par les fenêtres… Le merle moqueur chante déjà. Dans mon jardin, le céleri coriace dont tu m’avais donné une branche a fait des pousses. En fait, t’es là, c’est ça ? C’est juste qu’on te voit pas ?
Herbes folles secouées par le vent, debout sous le grain, on continue, Marie. Pour demain s’émouvoir et rigoler. Pour toi. L’empreinte de ton sourire efface la tristesse.

G

Une sauce ketchup maison

Comme l’été indien se prolonge cette année, les cageots des maraîchers débordent de tomates, et leur prix a baissé. Les fabrications de coulis de tomates sont courantes dans nos cuisines, mais il est une sauce particulièrement équilibrée qu’il est aussi agréable d’avoir dans ses placards afin d’en parfumer divers plats, c’est le ketchup. Ni trop compliqué, ni trop long à réaliser : pourquoi ne pas se lancer et en préparer ?

Tout d’abord, il est plus que souhaitable de choisir des ingrédients de bonne qualité, afin d’avoir au bout de la chaîne un produit de bon goût.
Ensuite, nul besoin d’aller courir à droite et à gauche pour trouver les ingrédients de la sauce ketchup, que voici, pour environ 2 kilos de tomates :

  • • 2,5 cuillerée à soupe d’huile d’olive
    • 3 oignons de taille moyenne
    • 2 grosses gousses d’aïl
    • 100 ml de vinaigre de cidre (ou de kompucha ou de sureau, suivant vos préférences de recyclage des breuvages oubliés et incidemment acidifiés puis déposés sur une mère)
    • 100 g de cassonade, rapadura, ou miel
    • 2,5 cuillerée à soupe de moutarde
    • 1 cuillerée à soupe de « 4 épices » ou de mélange de votre choix
    • 1 cuillerée à soupe de cumin
    • 1 cuillerée à soupe de piment d’Espelette ou de paprika
    • 1/2 cuillerée à soupe de cannelle
    • 2 clous de girofle écrasés
    • autres épices ou herbes selon les goûts (céleri, champignons, origan, thym, etc)
    • sel (quoique celui-ci ne soit pas vraiment nécessaire) et poivre

Pour commencer la préparation, coupez les tomates en gros dés et faites-les égoutter. Une première pré-cuisson vous permettra de récupérer plus de jus, et réduira également le temps de mijotage de la sauce. Si vous souhaitez cuire du riz ou des pâtes ou tout autre chose dans un bon jus, récupérez donc cette « eau » de tomates afin de parfumer vos futurs plats. Il est également possible de la stériliser ou de la congeler pour l’utiliser ultérieurement.
Faites cuire les tomates exemptes de leur jus durant une quinzaine de minutes, et réduisez les en purée.

Émincez les oignons. Faites suer le tout dans un faitout avec l’huile d’olive et les épices (celles-ci sont plus digestes lorsque l’on les cuit préalablement avec l’huile d’olive). Ajoutez la purée de tomate, le vinaigre, la moutarde et le sucre, et l’aïl. Laissez mijoter à petit feu environ une heure ; si le ketchup est trop liquide, c’est tout simplement parce que vous avez omis d’égoutter les tomates. Ne vous en prenez qu’à vous mêmes et rajoutez de l’agar-agar ou de la caroube !

Vérifiez l’assaisonnement et mixez votre préparation. Mettez en bouteille ou en pot stérilisés tout de suite en sortant du feu.
Laissez refroidir les bocaux tête en bas, de façon à favoriser le vide d’air. Puis, consommez sans modération avec des viandes froides, charcuteries, frites, pommes de terre sautées, pâtes, et tout autre mets de votre goût.

La grande Marie

Le cranson officinal
Cochlearia officinalis

C’est une brassicacée en forme de cœur, autrement nommée herbe aux cuillères (en latin cochlea, d’où son nom de cochléaire), cranson officinal ou encore raifort de Bretagne, qui est très localisée sur la frange littorale bretonne, et en particulier sur la côte nord du Finistère et dans le Cap Sizun. A partir du mois d’avril, elle apparait dans les rochers, rias et marais, voire au bord de certaines rivières.

Elle se distingue par sa feuille, luisante et charnue, qui prend la forme d’un cœur ou d’une petite cuillère de 2 à 5 cm. Sa tige mesure 10 à 30 cm de haut, et elle pousse en touffes, parfois cachées dans les autres herbes hautes de bord de mer. Les fleurs, blanches et à quatre pétales, sont légèrement parfumées.

On peut cueillir les jeunes feuilles – d’un vert plus pâle – afin de les consommer crues, en mesclun, en pesto, ou encore hachées dans du vinaigre pour accompagner des plats selon les goûts de chacun. Sa saveur rappelle celle du raifort, du cresson ou de la moutarde : âcre et piquante.

Très riche en vitamine C, c’est l’un des meilleurs antiscorbutiques. Le cochlearia est également expectorant en cas d’asthme ou de toux avec expectoration, dépuratif (idéal pour atténuer certains problèmes de peau) ainsi qu’antianémique. Les feuilles fraiches écrasées peuvent être utilisées en cataplasmes afin de réduire les ulcères. En bains de bouche, le cochlearia est également efficace contre le déchaussement des dents, et peut-être utilisé comme dentifrice antiseptique.

La Grande Marie

Le boldo

Le Petit Robert nous apprend que boldo [boldo] est un nom masculin dont l’origine étymologique, boldu, trouve ses racines dans l’araucan (ou mapudungun), langue indienne du Chili. C’est un petit arbre de la famille des monimiacées originaire du Chili dont les feuilles possèdent des propriétés médicinales (cholagogues). On dit « une infusion de boldo ».
Dans la langue colloquiale, nous entendons souvent parler « de la boldo » mais on devrait dire « du boldo ». La confusion vient, je pense, du croisement entre la boldoflorine, du genre féminin, qui est une infusion composée de plusieurs plantes et le boldo qui est l’arbuste dont je vais vous entretenir.

Le parfum citronné et camphré des feuilles de boldo me ramène à l’enfance mais aussi à nos premières années d’exil. Tout chilien qui se respecte aura dans sa poche une feuille de boldo, en ce qui me concerne, je n’ai jamais rencontré un chilien qui n’en prend pas. Boldo hojas Enfants, nous jouions à la sorcière aux longs ongles crochus en enfilant sur la pointe de nos doigts des feuilles de boldo car, sèches, les feuilles, d’un vert olive très foncé, s’enroulent naturellement faisant penser à de faux ongles, longs, pointus et dégageant toujours cet arôme pénétrant qui est une de ses principales caractéristiques.

L’infusion de boldo fait partie intégrante de nos coutumes ancestrales qui sont toujours en pratique aujourd’hui : en bon amphitryon, l’hôte chilien offre toujours « un petit boldo bien chaud » à ses convives après un bon repas pris entre amis. Je vous avoue que nos amis des premières heures de l’exil européen ne cachaient pas leur étonnement pour l’engouement des réfugiés chiliens pour ce qui sonnait à leurs oreilles de francophones comme des « bols d’eau bien chauds » après les repas. Chacun a ses particularités, après tout ! La preuve !

Le boldo est donc un arbre arbustif de la famille des monimiacées, son nom scientifique est Peumus Boldus, ses feuilles sont d’un vert olive très sombre qui s’éclaircit en séchant, cet arbuste serait natif de la zone centrale du Chili, on le trouve à profusion dans la région de Valparaiso dont je suis moi-même originaire. Mais on le trouve aussi en Argentine et au Pérou. Très souvent, le boldo pousse dans les terres montagneuses et sèches où il s’associe à deux autres arbres natifs, le litre [en espagnol] (Lithraea caustica) ou le peumo (Cryptocarya alba).

Boldo-de-LivacheLe boldo du jardin de la famille Verdejo à Limache

Les feuilles du boldo sont utilisées depuis les temps précolombiens pour ses multiples propriétés médicinales bien connues des machis (chamans). Les Mapuche [on ne met pas de S parce qu’en langue mapudungun la terminaison « che » indique qu’il s’agit d’un nombre pluriel. Mapuche signifie gens (CHE) de la terre (MAPU)] l’utilisaient pour traiter différents maux, entre autres les rhumatismes et les problèmes gastriques ou hépatiques. Aujourd’hui, nous savons que le boldo peut soigner en combinaison avec d’autres herbes le foie et la vésicule biliaire. C’est, par ailleurs, ce que l’on trouve dans la définition du mot Boldo dans le Petit Robert, où l’on fait allusion à ses propriétés « cholagogues », c’est à dire des propriétés qui stimulent la sécrétion de la bile. En effet, le boldo contient près de 20 alcaloïdes entre lesquelles on trouve la boldine qui fluidifie et purifie la bile et qui prévient la formation de calculs biliaires entre autres.

Il a aussi un effet tonifiant pour le système gastrique, prévenant ou soignant les douleurs d’estomac, les gastrites, en tisanes ou infusions ou même en condiment dans vos repas.
Il aide aussi à traiter les symptômes de l’anorexie, il ouvre l’appétit. Mais il aide aussi à lutter contre la toux, contre les problèmes de sommeil, contre les douleurs de l’arthrite et les rhumatismes et même contre les migraines.

Pour résumer, le boldo est une plante avec laquelle on peut faire beaucoup de potions magiques, en infusion, 1,5 g de feuilles séchées et concassées suffisent (ne pas dépasser les 10g par jour). On peut aussi se fabriquer un sirop contre la toux, en faisant bouillir dans un litre d’eau 60 g de feuilles de boldo, ensuite on ajoute 500 g de miel, on prendra 1 cuillère deux ou trois fois par jour de ce sirop. Contre les migraines, on peut faire bouillir 20 g de feuilles et ensuite appliquer en compresses. En cataplasmes, on peut faire un mélange avec de la farine pour lutter contre les douleurs des rhumatismes. On peut aussi prendre des bains relaxants (on fait bouillir une grosse poignée de feuilles dans deux ou trois litres d’eau, ensuite on filtre, on ajoute l’infusion à l’eau du bain et on prend un bain pendant 30 minutes, on peut y ajouter une tasse de sel de mer et une cuillerée de bicarbonate). Pour faire de l’huile de boldo, on fait macérer 5 g de feuilles dans 40 ml d’huile d’olive pendant deux semaines, on agite deux ou trois fois par jour en le laissant à la lumière du jour, ensuite on filtre et à température ambiante on applique une à trois gouttes comme antibiotique ou anti-inflammatoire doux (usage externe).

Par contre, n’oubliez pas que les excès sont toujours mauvais, en traitement on ne doit pas dépasser les quatre semaines de prise consécutive sans l’avis d’un médecin. Il est vivement déconseillé pour les femmes enceintes ou en période d’allaitement, ne le donnez pas non plus aux enfants ni aux personnes souffrant de maladies hépatiques !

Si vous respectez tout cela, le boldo se fera une joie de combler une grande partie de vos attentes en ce qui concerne votre santé et si vous habitez près de la montagne pourquoi ne pas tenter de l’y faire pousser ? C’est promis, la prochaine fois que je vais au Chili, je vous apporte des graines !

Angela Verdejo

Plus d’infos sur le site Encyclopédie de la flore chilienne

La valériane

La plupart de ses petits noms sont très évocateurs : « guérit-tout », « herbe-aux-chats », « herbe-au-loup ». En latin, valeriana officinalis, de valere : « bien se porter ». Cette grande et belle fleur vivace offre tout l’été une floraison blanc rosé à rose, apprécie les lieux frais et humides – prairies, bords de rivières, abords des bois, et développe de longues racines, dont les vertus sont reconnues depuis les temps les plus anciens. La valériane a été très consommée au cours des deux guerres mondiales, pour traiter les différents traumatismes nerveux subis par les combattants.

Si les coccinelles ne sont pas au rendez-vous, le purin de valériane est recommandé pour lutter contre les pucerons, ou encore comme engrais. Et également comme activateur de compost.

Sur le plan pharmacologique c’est une plante dont la racine contient beaucoup de substances actives. Nous vous ferons grâce de leur liste, tant elle est longue et obscure pour les profanes que nous sommes.
Calmante et apaisante, elle est sédative du système nerveux central et antispasmodique.
Pour le traitement de nombre de troubles d’origine nerveuse, elle règne en souveraine : stress et angoisse, irritabilité, insomnies, crises d’épilepsie, spasmes de l’estomac, intestin irritable, troubles du système cardiaque (avec de l’aubépine), hypertension, asthme nerveux, fatigue chronique nerveuse, migraines et céphalées (avec de la reine des prés), sensation d’oppression respiratoire, vertiges, palpitations. Et également antiparasitaire et antinévralgique. Et est très indiquée en cas de douleurs liées aux règles et de bouffées de chaleur (avec de la sauge, si nécessaire). La valériane est également recommandée en cas d’examens scolaires ou autres circonstances générant une anxiété passagère.
Presque une panacée pour les anxieux !

Et toujours par voie orale, autres effets non négligeables : sa consommation permet d’être dégouté du tabac et d’arrêter le hoquet.
En outre, la poudre de Valériane guérit « de la polydipsie (pour épater votre voisin !), maladie qui consiste dans une soif excessive et des urines très abondantes sans être sucrées, ce qui les distingue du diabète« .

En usage externe, on l’emploie en macération pour laver les plaies ou en compresses sur les contusions, car elle est antalgique.

La préparation à base de racine de valériane est efficace rapidement. Plus les pathologies ci-dessus ont mis du temps à s’installer, plus il sera préférable de l’utiliser en traitement de fond pour en soulager les troubles.
De nombreuses préparations pharmaceutiques (pour n’en citer qu’une : Euphytose®) contiennent de la racine de valériane, associée à la passiflore, l’eschoschtzia, l’aubépine, etc.

On récolte la racine à l’automne, lorsque la tige est fanée, ou encore au printemps.
Ceux qui souhaitent la consommer en tisane ou macération à froid veilleront à la sécher rapidement, en la coupant en morceaux, car à la dessiccation, l’odeur nauséabonde de la valériane peut être comparée par les enfants à celle des pieds, alors que les chats adoreront s’y lover et s’en enivrer.
Tandis que ceux qui préfèrent en boire la teinture-mère (les vertus en sont mieux préservées) apprécieront peut-être son odeur – parfum d’humus mêlé de musc – avant d’en plonger des morceaux dans de l’alcool (200 g de racine, soit une poignée, dans 1 litre d’eau de vie à 40° ; laisser macérer pendant 15 jours).

En cas d’insomnie, on préfèrera la teinture-mère : de 50 à 200 g chez l’adulte (la moitié chez l’enfant de plus de 6 ans), le soir. Rappelons ici qu’insomnie ne signifie pas seulement difficulté à s’endormir, mais plutôt diminution de la qualité et de la quantité de sommeil, qui ne permet alors plus à l’organisme de récupérer.
Dans des cas de stress ou d’anxiété invalidante, on commencera par boire 50 g dans la journée, et la même dose le soir.

A noter un fait rare pour une plante : aucune contre-indication ou toxicité connue à ce jour. Il semblerait même que les effets de la valériane s’ajoutent (sans se neutraliser, attention !) à ceux des benzodiazépines (valium®, lexomil®, xanax®, etc.) et autres sédatifs et calmants. Mais comme tous abus à haute dose (surtout de crème fraîche ou de chocolat), il peut y avoir des effets indésirables. Chez la femme enceinte, l’avis d’un médecin est nécessaire avant utilisation.
Et contrairement à certains somnifères ou anxiolytiques de synthèse, on ne constate pas de gueule de bois au réveil.
Par contre, comme c’est un sédatif, il est préférable d’éviter de conduire sa voiture, de pousser sa tondeuse, ou d’espérer cuire des blinis ronds tout de suite après une prise de valériane…

La grande Marie

Sources :
- Sauvages et médicinales. Plantes remèdes pour nos petits maux. Marie-Claude Paume, Edisud, 2007
- Guide des contre-indications des principales plantes médicinales. Michel Dubray, Lucien Souny, 2010
- Médecin des Pauvres. Les 2000 Recettes Utiles, par le docteur Beauvillard. Péron et Beauvillard, Paris, 1917

 

 

Le bouleau, sa sève

Arbre sacré, le bouleau est un bel arbre élancé et majestueux, pouvant atteindre plusieurs mètres de hauteur, portant de fins rameaux graciles, à l’écorce blanche blanc-argenté qui se détache en grandes plaques. Ses feuilles, toujours dentées, peuvent être ovales, triangulaires ou en losange.
Alain Goutal nous glisse dans l’oreillette que Carl Larsson tenait le bouleau pour le roi des arbres. « Pour un suédois c’est bien le moins… Mais les amérindiens ne sont pas loin de penser la même chose. En effet, l’hiver c’est le bois salvateur. Qu’il neige, qu’il vente, qu’il pleuve, son essence leur permet d’allumer n’importe quel feu. Ils préparent même des « boules » de brindilles enveloppées dans des écorces de bouleau, qui prennent feu quelque soient les conditions extérieures. J’en ai fait l’expérience avec un pote ethnologue, c’est tout bonnement stupéfiant ! »

On utilise tant l’écorce, les bourgeons, les feuilles, que la sève du bouleau. Et c’est le moment de récolter celle-ci, en perçant un trou horizontal dans le tronc, dans lequel on enfoncera une paille ou un tuyau relié à un récipient.

D’un arbre à un autre, la sève du bouleau est soit de goût neutre, soit légèrement acidulée et douce, et se consomme après l’hiver pour nettoyer l’organisme et de par sa richesse en glucose, fructose, calcium, magnésium, potassiums et autres nutriments, pour revitaliser le corps. Depuis des temps très anciens, ses vertus médicinales sont reconnues : purification de l’organisme et élimination des toxines – et amincissement – lutte contre les douleurs rhumatismales et musculaires, purification de la peau ; elle est considérée comme un élixir de printemps.

Elle se conserve 3 à 4 jours au réfrigérateur, et l’on peut y rajouter un clou de girofle ou une pincée de cannelle pour prolonger sa conservation, mais il vaut mieux la consommer vivante le plus rapidement possible pour profiter de ses bienfaits.

Même si lors de la période de remontée de sève, un bouleau peut brasser plus de 6 000 litres de sève brute par jour, il vaut mieux éviter de faire souffrir l’arbre en ponctionnant trop de son liquide de vie. D’une part, il faut arrêter toute récolte lorsque les premiers bourgeons apparaissent ; d’autre part, il est souhaitable de se limiter à 20 litres de sève en 48 h, pour un bel arbre. Il vous faudra donc entre 7 et 10 arbres pour une cure complète.
Compter 2 à 3 semaines de cure, pour environ 2 verres par jour – dont l’un à jeun, pour un effet optimal de la sève de bouleau. Cette eau ne présente aucun risque pour la santé, bien au contraire.

Pour conserver la sève de bouleau, il est également possible de fabriquer de petites douceurs.

Sirop de sève de bouleau :
On ajoute à la sève plus ou moins de sucre, suivant les gouts de chacun, pour faire cuire à petit feu pendant 10 min à 1/4 d’heure. Vérifier la consistance du sirop qui doit attacher sur les bords du récipient en se refroidissant. Mettre en bouteilles et conserver au frais. Peut remplacer le sucre dans le fromage blanc, par exemple.

Vin du Lautaret :
Avec 100 g de sève de bouleau pour un litre de vin rouge et du sucre à volonté. Bien mélanger le tout, mettre en bouteilles, et laisser reposer 2 à 3 mois au frais, avant la dégustation de cet apéritif original.

Vin du nord :
Avec 10 litres de sève de bouleau, 1 kg de miel, des raisins secs et quelques aromates comme : cannelle, muscade ou girofle. On laisse fermenter le tout dans un récipient fermé pendant 3 à 4 semaines puis on soutire pour mettre en bouteilles bien bouchées, et on conserve au frais cette boisson pétillante, sucrée et un peu acidulée, véritable champagne des pays nordiques.
Il ne vous reste plus qu’à aller en quête de l’arbre à l’écorce blanche !

(Extraits de « Elixirs et boissons retrouvés », Gilbert Fabiani, Equinoxe, Carrés Gourmands, 2011)

La Grande Marie

Dernière minute : notre conteuse, Alice, nous fait part des certaines légendes à propos de l’arbre, ainsi que d’une belle expérience au Québec :

Oui, oui, purifiant, mais au niveau symbolique et Mythologique, quelle richesse !
Certaines traditions tiennent ce beau feuillu pour « l’arbre de la folie » : un simple effleurage des feuilles sur le front ferait perdre toute raison à l’infortuné passant…
Pour d’autres, c’est l’arbre de la sagesse par excellence (pays nordiques notamment). D’ailleurs on fabriquait avec ses branches (paraît-il) de petits fouets destinés à « flageller les possédés, les aliénés, les délinquants et les condamnés pour en expulser le mal », et plus tard de fines baguettes pour que les maîtres d’école usent de pédagogie appliquée sur les doigts ou le postérieur des élèves récalcitrants, flemmards ou dont la tronche ne leur revenait pas (au choix).
Apparemment cette dernière acceptation d’arbre de sagesse aimé-des-chamanes-z-et-des-druides-de-tout-poil-ainsi-que-des-autres est la plus répandue, vu le nombre d’utilités pratiques et médicinales qu’on en pouvait faire – et son immense répartition géographique (grosso-modo tout l’hémisphère nord, si j’ai bien compris).

Je me souviens d’un bouleau argenté à l’écorce presque luisante, dans le jardin d’un de mes oncles au Québec, près de son chalet d’été. Réveillée à trois heures du matin par le décalage horaire, j’avais patienté deux heures avant de me lever pour une promenade à l’aube. Air piquant qui revigorait le poumon embrumé et réveillait la narine endormie – et le cerveau resté à l’heure française. Une station près du vénérable végétal pour en admirer la stature imposante, une quinzaine de mètres de hauteur au pif, le tronc principal assez gros pour que je peine à l’encercler avec les bras… Et cette écorce pelucheuse et douce comme une joue de bébé, d’un gris pâle soyeux presque luminescent qui poudrait juste un peu la peau… Dans le soleil tout juste levé, il resplendissait, le grand bouleau, et s’amusait à m’hypnotiser, tranquille peinard sur sa pente douce.

Il a fallu qu’un écureuil – un de ces petits tamias rayés que les québécois appellent « petits suisses » – m’engueule copieusement d’avoir ainsi posé mes sales pattes sur SON bouleau pour que je m’arrache à ma rêverie. Il était sept heures et j’avais faim. J’ai fait le tour du chalet et je suis rentrée me préparer un thé brûlant et des gaufres au sirop d’érable.

Alice Duffaud

Le mouron des jardins

Autrement nommée « mouron des oiseaux » car les volatiles adorent se nourrir de sa graine, ou « mouron blanc », ou « stellaire intermédiaire », ou encore « margeline » ; en latin, stellaria media.
C’est au hasard de la lecture de l’ouvrage Les plantes sauvages de Thierry Thévenin, que nous avons découvert qu’elle pouvait se déguster en salade. Un petit tour dans le jardin en ce début février agité, et oh, surprise, elle est déjà là, comme nombre de jeunes pousses, et ce bien avant la dite « saison » (que celui qui nie les dérèglements climatiques se tire une balle dans l’pied dès maintenant…).

mouron11

Une plante que le jardinier regarde généralement d’un mauvais œil, car elle a une tendance considérée comme fâcheuse à s’épanouir sur la terre fraîchement retournée…
En revanche, elle peut former de jolis tapis de sol d’un vert très tendre, mouchetés par temps ensoleillé de petites tâches blanches.

Ses feuilles sont vert clair, petites (environ 1 cm de long), lisses, et des pétioles opposées poussent les uns aux dessus des autres sur la tige qui elle, peut ramper jusqu’à 30 cm, et cache une tige intérieure poilue et résistante comme un élastique quand on la casse (une astuce à retenir pour éviter toute confusion !). Ses fleurs sont blanches. Il est préférable d’attendre la floraison si vous avez un doute sur la plante, car le mouron des champs (Anagallis arvensis), qui lui arbore des fleurs rouges ou bleues, est légèrement toxique. Les oiseaux n’iront pas déguster les graines du mouron des champs, car elles leur sont fatales. Et les poules qui les picorent deviendraient euphoriques et se mettraient à chanter sans interruption. On imagine bien la tête du coq dépossédé de son rôle…

La plante entière se consomme fraîche, en fleurs ou pas, et ce, presque toute l’année. Préférez toutefois les jeunes pousses ou l’extrémité de la plante, plus tendres. D’après Thierry Thévenin, il s’agirait de l’une des meilleures salades sauvages ; et après expérimentation, nous confirmons que son délicieux goût rappelle quelque peu la cosse de petit pois.

On peut également préparer un pesto à base de mouron des oiseaux (en y ajoutant pignons de pin, aïl, parmesan, huile d’olive, et sel/poivre), ou en farcir des blinis, ou encore préparer un tsaziki à la margeline. Pour la soupe, deux poignées suffiront, que l’on incorporera dans du beurre, de la farine, puis du bouillon, en laissant cuire peu de temps, comme nombre de plantes de printemps. Les veinards n’ayant connu aucune alerte niveau cholestérol ajouteront de la crème fraiche à ce potage frais et délicat.

C’est un végétal contenant beaucoup de vitamine C, de calcium, de magnésium, et de silice. En infusion, elle est considérée comme diurétique, tonique, expectorante et est recommandée en cas de fatigue générale, pendant une convalescence, lors de palpitations et/ou de faiblesse cardiaque, d’inflammations des reins et de la vessie, et d’hémorroïdes.

Et pour finir, une bonne nouvelle pour les jardiniers agacés de la voir s’épanouir sur leurs planches fraîchement bêchées : la plante est bio indicatrice d’un sol équilibré et fertile !

La grande Marie

La châtaigne / Castańa (bis)

En complément du papier d’Alice, une autre méthode facile et rapide pour obtenir facilement et rapidement la farine de châtaignes, sans les éplucher, et afin de réaliser confitures, gâteaux, soupes, ou autres lichouseries.

Tout d’abord, cuisez les châtaignes entière dans de l’eau bouillante, durant environ 15 minutes.
Égouttez et laissez tiédir.
Pour séparer la pulpe des peaux de châtaignes : tièdes (voire froides, mais c’est légèrement moins facile), coupez-les en deux, pressez chaque partie au dessus d’un récipient. S’il reste un peu de pulpe dans la châtaigne, grattez avec une petite cuillère ou donnez à votre animal de compagnie qui s’en régalera en laissant les coques de côté. Avantage ? moins long que l’épluchage, moins douloureux pour les bouts des doigts, et pulpe en partie déjà écrasée.
Déposez la pulpe dans un chinois, et écrasez avec une fourchette. Vous obtenez alors une poudre, ou farine de châtaigne, que vous pourrez utiliser tant pour les confitures que pour les gâteaux ou les soupes. A conserver au congélateur, à consommer tout de suite, ou à faire sécher sur un poêle à bois ou un radiateur – sa couleur virera alors au brun foncé.
Et sur la même base que la recette d’Alice, une autre façon de faire la crème de marrons : dans une grande casserole, mélangez l’eau avec le sucre et la gousse de vanille à l’aide d’une cuillère en bois.
Portez ce mélange à ébullition en remuant de temps en temps. Laissez frémir 2/3 minutes jusqu’à l’obtention d’un sirop translucide.
Plongez les châtaignes dans le sirop. Ajoutez éventuellement, si ce n’est déjà fait, la gousse de vanille fendue en deux pour parfumer votre confiture de châtaignes (indispensable !)
Faites cuire les châtaignes dans le sirop frémissant, en remuant avec la cuillère en bois, pendant environ 5 à 10 minutes. Elles doivent être fondantes et de consistance plutôt épaisse. Inutile d’utiliser un mixer, puisque vous avez déjà réduit la pulpe en poudre, et que votre mélange est homogène et lisse.
Après avoir éteint le feu, retirez la gousse de vanille. Puis versez la confiture de châtaignes dans des pots préalablement ébouillantés et égouttés.

Et pour finir : la possibilité de réaliser une excellente soupe avec les châtaignes et la carcasse d’un bon poulet fermier du coin. Pour cela, laissez votre imagination et vos goûts vous guider. L’essentiel est d’avoir du bouillon de poulet et de la pulpe ou farine de châtaigne.

La Grande Marie

Petit rajout de dernière minute : nous avons oublié de vous suggérer la compote de pommes à la crème de marrons… Pour la réaliser, préparer les deux séparément, puis mélangez les à raison d’environ 1/4 de confiture de châtaignes pour le reste de compote de pommes, et laissez cuire 5 minutes. Un régal !

Lavande : une petite douceur ou deux…

Essayez donc un petit entremets à la lavande : faites infuser 10 minutes une cuillère à thé de fleurs de lavande séchées dans un demi-litre de lait (végétal ou animal) frémissant ;  Passez l’infusion et réservez-la. Plusieurs options pour utiliser ce lait parfumé (qu’on peut aussi sucrer légèrement et consommer tel quel) :
• Prenez votre recette favorite de crème pâtissière ou de flan et oubliez la vanille. Vous obtiendrez une délicieuse crème à la lavande ou un délicat flan à la lavande. (Si vous voulez réaliser un dessert tout-végétal, oubliez les œufs dans votre recette, et remplacez-les par un quart de sachet d’agar-agar préalablement bien dilué dans une cuillère à soupe d’eau froide. Un bouillon et hop ! Le tour est joué…)
• On peut aussi réaliser un roux avec un peu de Maïzena pour obtenir une crème onctueuse à souhait… Et rien n’interdit d’y ajouter une cuillère de vraie crème fraîche !… Ladite crème sera délicieuse sur un fond de pâte brisée ou sablée (déjà cuit, le fond de tarte), avec une garniture de fraises fraîches, framboises, myrtilles ou mûres selon la saison. Là c’est encore un peu la saison des mûres : foncez (vers votre roncier favori, et la pâte aussi*) !!!

Pour les tout-petits, réalisez des boudoirs** parfumés à la lavande pour apaiser les chagrins et les douleurs liés à la pousse des dents  – restez présents quand le bébé mâchouille son biscuit.
Allez-y mollo sur le dosage des fleurs, c’est quand même très fort !

En règle générale et à l’instar de la menthe, la lavande s’accorde très bien avec la plupart des préparations aux fruits, cuits ou frais : soupe glacée aux fraises, tarte aux abricots ou aux pêches, confitures, compotes, tout cela lui va très bien.

Avec le chocolat amer, cela fonctionne très bien aussi ! Pourquoi ne pas essayer une mousse chocolat-lavande, ou encore des verrines gourmandes avec :
1) Un fond croustillant (palets bretons ou gavottes grossièrement écrasé-es) ;
2) Un gros tiers de mousse au chocolat noir bien amer – 70% de cacao minimum sinon c’est pas d’jeu ;
3) Un petit tiers de fruits légèrement compotés ou passés à la poêle avec un peu de   sucre : poires ou mûres, c’est de saison, éventuellement des agrumes si vous aimez ;
et 4) un autre tiers (normal ç’ui-là) de mousse de lavande… (la mousse de lavande s’obtiendra en réalisant une crème lavande-maïzena légère, que l’on mélangera délicatement à la même proportion de crème fouettée ou de blancs d’œufs battus en neige.)

En tisane, elle accompagne très bien les biscuits secs ou les tartes aux fruits. On peut aussi la déguster seule ou agrémentée d’une toute petite touche de miel…

Côté salé, osez glisser quelques fleurs séchées (dans une mousseline ou attachées en petit bouquet) dans la cocotte où mijote votre poulet à l’ananas ou votre sauté de porc aux pommes, sa saveur piquante et presque poivrée fait des merveilles… Très bon aussi pour parfumer une poêlée de légumes, des carottes vapeur, une purée de potimarron ou une vinaigrette gourmande !
De nombreuses recettes existent, laissez-vous faire… Vous et votre imagination gourmande !

Si vous n’avez pas de fleurs, une ou deux gouttes d’huile essentielle, attention, pas plus ! Surtout, ayez la main légère pour vos premiers tests : le bon dosage viendra vite !

 Tante Poupoule

PS : Que ceux qui s’y connaissent en vins trouvent la bonne bouteille pour aller avec et m’envoient leurs suggestions : ils auront droit à ma plus vive reconnaissance. À vos gamelles !

————————————————————————————————————————-
* Ouiii, d’accord, c’est une blague de pâtissier, bon : le terme « foncer » s’emploie lorsque l’on garnit le moule avec la pâte préalablement abaissée (étalée). Voui voui, on « fonce » le moule.
** Pour la recette du boudoir-calmant, voir l’excellent bouquin de Bruno Delaunay aux éditions de Terran : « Grignotages sauvages, histoire d’une boîte à biscuits».

La lavande

Mais il faudrait plutôt dire « les lavandes », car à l’état sauvage il en pousse trois variétés, dans le sud de la France, ainsi qu’un hybride cultivé : le lavandin.

- La  « lavande vraie » (lavandula angustifolia ou officinalis) également appelée « lavande fine » ou « lavande officinale ». Lavande vraie
Ses tiges ne sont pas ramifiées, ses fleurs allant du mauve pâle au violet en passant par le bleu très doux, sont groupées en épis au sommet des tiges, et son parfum très suave.
Elle pousse surtout en Haute-Provence, au sud de la Drôme et autour du Ventoux.
Puissant ant-inflammatoire et antiseptique, c’est l’une des meilleures plantes de notre pharmacopée.

- La « lavande aspic » (lavandula latifolia ou spica) ou « grande lavande » dont les tiges sont ramifiées, contrairement à la lavande vraie. Les fleurs, plus hautes et aériennes, sont violettes, un peu ternes. L’action de son huile essentielle est proche de celle du romarin. Elle chasse les poux, les punaises et les mites.

- La « lavande stoechas » (lavandula stoechas) ou « lavande d’Hyères ».
Elllavande stoechase se distingue des deux autres par ses épis carrés, ses fleurs pourpre foncé, et son parfum essentiellement camphré, qui ne lui vaut aucune utilité en parfumerie. Elle contient beaucoup de cétones et de camphre, et son huile essentielle est neurotoxique et abortive. Elle est commune dans le Var, mais à l’état sauvage, son territoire est bien plus vaste que celui des autres lavandes.

- Et le « lavandin », qui est en fait un hybride naturel des L. angustifolia et L. latifolia . L’huile essentielle de ce dernier rafraichit et assainit l’air, chasse les mouches. Son parfum est à la fois apaisant et tonifiant. C’est l’espèce la plus cultivée et utilisée en parfumerie industrielle aujourd’hui, car sa fleur produit 8 à 10 fois plus d’huile essentielle que les lavandes traditionnelles. Il en existe trois variétés (l. grosso, l. abrial et l. super).

Du latin lavare / laver, la lavande – famille des Lamiacées – était fort utilisée dans l’Antiquité pour parfumer les vêtements et l’eau du bain. Plus récemment, ce sont les « lavandières » qui en usaient pour parfumer leurs eaux de lessive.
Non contente de flatter notre odorat par sa note de tête, son odeur florale et herbacée, son caractère viril et énergétique, elle est souvent utilisée en parfumerie dans les parfums masculins. La lavande offre une multitude de bienfaits car elle possède des propriétés antiseptiques calmantes et désinfectantes. Elle est souvent commercialisée sous forme d’huile essentielle, qui se prépare par distillation des sommités fleuries cueillies en début de floraison. On lui reconnait certaines autres propriétés comme le traitement de l’anxiété et de la nervosité.

Les indications communes aux lavandes vraie et aspic :
- Anti-infectieuses et cicatrisante : affections cutanées : acné, couperose, psoriasis, prurit, eczéma, mycoses, plaies, brûlures, piqûres d’insectes et brûlures.
- Antalgiques : rhumatismes, articulations douloureuses, migraines.
- Antispasmodiques, cardio-toniques, expectorante et décongestionnantes.

Quelques usages de l’huile essentielle de lavande officinale et aspic :
- Créer une atmosphère légère et relaxante : quelques gouttes de lavandin ou de lavande dans la lessive, dans l’eau de rinçage du sol, sur l’oreiller.
- Favoriser l’endormissement : soit quelques gouttes d’huile essentielle sur l’oreiller, soit un petit sac de fleurs séchées près de celui-ci.
- Contre les insomnies, le stress, les migraines, l’irritabilité, et également la toux : 2 gouttes trois fois par jour, diluées dans une cuillerée à café de miel ou sur un aliment de votre choix. On peut également frictionner les coudes deux fois par jour avec 2 gouttes.
- Coups de soleil ou brûlures : 2 gouttes sur une noisette de crème hydratante, appliquée sur trois fois par jour.
- Contracture musculaire, rhumatismes : 3 gouttes d’HE de lavande, 3 d’HE de romarin, 10 d’huile végétale, le tout appliqué en massage trois fois par jour.
- Acné, mycoses, psoriasis, eczéma, problèmes de peaux : 1 goutte sur un coton tige, appliquée sur la zone, deux à trois fois par jour  ; ou diluée dans une huile végétale.
- Contre les poux : une goutte derrière chaque oreille le matin.
- Collier anti-puces pour le chien ou le chat : utiliser un tissu résistant ou tresser un collier de laine, sur lequel on versera un mélange composé de 2 gouttes d’HE de lavande officinale, 2 gouttes d’HE de tea-tree, et 1 goutte d’HE de cannelle, le tout, si besoin, dans une huile végétale. Laisser tremper une nuit, et poser sur le cou de votre animal (dosage pour un animal d’environ 10 kilos).

La lavande est également utilisée en infusion, en huile, ou en vin :

« Son infusion (10 grammes de fleurs par litre d’eau) est très utile pour les maux de tête, la migraine, les indigestions et ramène les règles quand la suppression en est due à un affaiblissement général. »[1] On peut aussi en faire des cataplasmes d’infusion pour laver les plaies qui guérissent mal.

Afin de soulager les douleurs rhumatismales, musculaire, ou les maux de tête, préparer une huile en laissant macérer une semaine au soleil 50 grammes de fleurs sèches couvertes d’un demi litre d’huile d’olive, en secouant tous les jours le flacon. Après filtration, conserver le produit dans un flacon propre et opaque, et masser les zones douloureuses avec ce macérat huileux.

Et enfin, selon Hildegarde de Bingen, de la lavande cuite dans du vin – ou dans de l’eau miellée – et bue régulièrement tiède « apaise les douleurs du foie et du poumon, ainsi que les vapeurs de poitrine ».[2]

lavenderLa Grande Marie


[1] « Le médecin des pauvres et les 2000 recettes utiles » par le Docteur Beauvillard, Féron & Beauvillard, Paris, 1917

[2] « Les remèdes de santé d’Hildegarde de Bingen », Paul Ferris, Marabout 2002.

La rhubarbe

Dans la rhubarbe, si on le souhaite, on peut tout utiliser.

Car outre les tiges que l’on utilise en compote, confiture, ou tarte, les feuilles, toxiques pour l’homme, produisent un purin fort utile pour lutter contre les indésirables qui s’invitent dans le jardin.

Le purin (ou l’infusion) de rhubarbe est en effet un excellent répulsif contre certains insectes et notamment les pucerons, ainsi que contre les limaces.

Pour le réaliser, faire macérer 1 kg à 1,5 kg de feuilles de rhubarbe coupées en petits morceaux dans 10 litres d’eau de pluie, et ce durant environ 72 h.  Pour éviter les pontes d’insectes, on recouvrira le récipient.
Filtrer finement afin de ne garder que le liquide (les résidus peuvent être jetés au compost)
Une variante consiste à plonger directement les feuilles dans de l’eau bouillante, ce qui accélère le processus de macération. Laisser macérer 24h et filtrer.
Cette macération peut se conserver plusieurs mois en bidon, à l’abri de la chaleur et de la lumière.

On l’utilise en traitement insecticide contre les pucerons noirs, la mouche de la carotte ou la teigne du poireau : pulvériser non dilué sur les plantes à traiter, telles que rosiers, arbres fruitiers, arbustes à fleurs, fleurs vivaces et plantes potagères envahies par les pucerons, ou poireaux contaminés par la teigne.
Si les envahisseurs s’incrustent, renouveler l’opération toutes les deux semaines.
Ou en action répulsive contre les limaces : diluer dans 5 volumes d’eau et arroser le pourtour des plantes attaquées par les limaces

Et bien sûr, la traditionnelle confiture de rhubarbe viendra agrémenter les tartines ou crêpes. Il existe nombre de variantes pour la confiture de rhubarbe :
- Avec une fleur de sureau que l’on enlèvera après la cuisson (selon les goûts, du poivre pourra y être rajouté)
- Ou encore avec des myrtilles, des groseilles, de la banane, des mûres et de l’ananas, des fraises et de la vanille, des abricots secs ou frais, des noix et de la vanille, des figues sèches et des noix, des fleurs de bleuet, de la réglisse, de la vanille et du gingembre, bref, tout ce qui vous plait, voire qui peut casser l’acidité de la rhubarbe.

La recette d’une petite douceur : la confiture de rhubarbe-cassis
- 1 kg de rhubarbe à laisser macérer une nuit dans 700 g de sucre.
- Même proportion et macération pour 1 kg de jus de cassis
- Le lendemain, après avoir filtré le jus de rhubarbe, on y coupe en tout petits tronçons une gousse de vanille, et on le cuit à feu vif, tout en remuant, durant 10 minutes. Puis on y rajoute les fruits, que l’on laisse cuire 10 minutes supplémentaires.
- En parallèle, le jus des cassis aura été mis à chauffer sur le feu.
- Ensuite, on mélange le tout, et on laisse à feu vif (toujours en remuant !) environ 20 minutes. Bien sûr, l’écume[1] aura été précieusement mise de coté pour agrémenter tartines, yaourts ou fromage blanc.
- Et zou, en pots ! (ou dans les gosiers…)

La Grande Marie


[1] Il est préférable d’attendre quelques minutes après le début de la cuisson pour enlever cette écume, d’une part car elle participe à la « prise » de la confiture, et d’autre part car elle laisserait au refroidissement une drôle d’apparence à la surface des confitures, qui pourraient être suspectées d’être gâtées par des moisissures. De plus, sans écume, le fruit garde plus sa couleur d’origine, et des reflets brillants.
L’écume est certes constituée d’impuretés, mais elle a goût excellent dont il serait dommage de se priver.

Des betteraves rouges en confiture…

Elles sont de saison ! Alors avant que vos betteraves rouges ne soient mangées, crues et râpées, ou cuites et dégustées selon les gouts en soupe ou salade, Claude nous propose une recette qu’il a présenté à Anne-Laure avec du boudin noir et des pommes, ce dont elle s’est régalé.
On peut également la servir avec du magret de canard ou du foie gras.

Pour 2 pots :
500 g de betteraves cuites
250 g de sucre
Eventuellement : 1 étoile de badiane ou 1/4 de cuillerée à café de 4 épices, et 1/2 gousse de vanille

Eplucher et mixer les betteraves cuites, afin de les réduire en purée.
Mettre celle-ci dans une casserole. Ajouter le sucre (voire les épices et la vanille) et faire cuire entre 17 à 20 mn (grand maximum 20 min, à moins d’aimer les confitures fermes, limite pâteuses) en remuant très régulièrement.

Remplir les pots, les fermer et les retourner.

Les réserver pendant 24 h avant de servir . A consommer de préférence dans l’année.

 La Grande Marie,
Et Claude

Petite astuce de saison

Si vous aussi vous détestez voir les ailes des pauvres amis oiseaux enchevêtrés dans ces foutus filets de protection des framboisiers, deux petites astuces.

La première consiste à poser un petit tas de graines séchées à proximité des plants dont les merles sont friands. Ils seront attirés par ces graminées toutes prêtes à consommer sans effort. Mais nos coquins pourront préférer les fruits frais de saison, dédaignant au bout d’un moment ces menus hivernaux dont ils peuvent faire des réserves savamment cachées. Dans ce cas, une seule solution : matin et soir, cueillez les fruits, qu’ils soient tout à fait mûrs, ou simplement roses-rougeâtres. Étalez ces derniers dans un plateau sur le bord d’une fenêtre, et attendez entre 12 h et 24 h. Vous aurez alors des fruits mûris au goût savoureux, grâce à la combinaison chaleur/lumière. Les fruits mûrs qui ne seront pas dégustés frais tout de suite, on en fait ce que l’on veut : soit la congélation au fur et à mesure des mûrissements, afin d’en trouver hors saison, ou pour en faire des confitures/coulis/sirops quand ils seront en quantité congelée suffisante, ou encore pour fabriquer un vinaigre de framboise. Cette forme de cueillette régulière est astreignante, certes, mais quel plaisir de voir le bol de framboises plein à ras bords et le fruit de la cueillette grandir de jour en jour !
Bonnes dégustations.

La Grande Marie

Tête de porc

Elle est surtout employée à la confection du  » fromage de tête « . Mais on la sert aussi chaude. Faite flamber, grattez, lavez (à plusieurs eaux) et faites dégorger une tête de porc. Prenez-en la moitié, et cuisez deux heures dans de l’eau salée avec carottes, oignons, navets et bouquet garni. Alors, ajoutez un chou en quartiers, quelques carottes et poireaux, poivrez. Après une demi-heure de nouvelle cuisson, ajoutez des pommes de terre, et laissez encore cuire une demi-heure. Servez comme un pot-au-feu.

 In « Le livre de la ménagère », F. Urbain-Dubois, Flammarion, 1926

 

Kig sal

Couvrez d’une mince couche de sel des bandes de lard (aussi longues que possible), puis placez une première bande sur une planche – la couenne tournée vers le bois. Couvrez le gras de la bande d’une couche de sel, posez dessus une autre bande, et par-dessus celle-ci, placez une planche avec assez de poids pour presser le lard. Pendant deux semaines chaque jour, placez la bande du dessus dessous, et saupoudrez toutes les deux de sel. Plus tard, il suffit de faire cette opération chaque semaine pendant encore dix semaines. Finalement, pendez le lard dans un lieu frais, sec et aéré. Si le lard doit être fumé, trois semaines de salaison suffisent.

 In « Le livre de la ménagère », F. Urbain-Dubois, Flammarion, 1926