LE PLAT DU JOUR

Hausse du chômage pour le 12e mois consécutif… « Mpffff…Va falloir faire plus de baumes, limonades, de cueillettes de sauvages, de légumes, etc. Bref, augmenter encore l’autonomie ! » Ça, c’est La Grande Marie qui le dit. En attendant le retour de la bougie et des couches lavables (on me glisse dans l’oreillette que ça, la couche à usage multiple, au grand désespoir d’Elisabeth Badinter, c’est à nouveau « trendy », tendance quoi, Marlu !), celle que l’on appelle la Fée verte dédicace à la crise sa recette d’huile parfumée. Vivement celle de la componction aux cailloux et le retour de l’olivier dans les Monts d’Arrée pour une huile vierge, pressée à froid, sur les hauteurs de Saint-Michel.
Pour info, aujourd’hui, c’est la Visitation. Faut lire cette histoire pondue, aussi, sur les hauteurs d’un champ d’oliviers. Ça vaut son pesant de cacahuètes. Ils étaient quand même sacrément allumés les Sacristains…

Huiles parfumées

Pour varier quelque peu le goût de ses huiles alimentaires, il est possible de les parfumer avec les aromates du jardin. En ce moment, il est fortement recommandé de prendre une ou deux très belles poignées de menthe (poivrée ou marocaine), que l’on hâchera grossièrement, et, après l’avoir mis les feuilles dans un bocal, on les couvrira d’une bonne huile d’olive (pas nécessairement de la Drôme).

On oublie le bocal au frais, quelque part à l’ombre, une quinzaine de jours (le mieux est d’écrire la date sur le couvercle). Puis, avant que les feuilles ne moisissent, on hume la potion. Si l’odeur est prégnante, on filtre, on met en bouteilles, et on déguste avec par exemple un riz froid agrémenté de boutons floraux d’aïl des ours vinaigrés… Le summum étant l’huile parfumée au basilic. Même recette, même intention, mais usages multiples et succès encore plus grand auprès de vos invités.

Toute herbe aromatique de votre goût peut se prêter à cette petite expérience.
Bientôt, si vous le souhaitez, la limonade de sureau.



Lettre à Laurent Blanc

Monsieur Blanc,

Vous jouez à quoi ? Vous voulez vous démarquer ? Très bien. En grande connaisseuse de la discipline, je vous le dis sans animosité : vous êtes hors jeu. Et vous pouvez déjà plier les gaules. La défaite, en Ukraine, c’est couru d’avance. C’est quoi votre casquette exactement ? Sélectionneur de l’équipe de France ? Un éleveur de champions, quoi ? Et on vous a pas appris à l’école du petit manager, qu’en 2012, si tu veux une équipe qui tienne la marée, un Breton au moins dans ton panier ? Voire cinq comme le préconise le programme Bouger, Gagner.  Regarde François Hollande. Il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Lui, il a fait un choix : celui de la gagne.
Alors Laurent ? Pourquoi t’as écarté Gourcuff de l’équipe de France ? Parce que le maillot-marinière, sur lui, c’est comme une seconde peau ? Tu craignais les émeutes ? Ne me dis pas que t’as cédé au lobby des époux (dans époux, y a poux) : L’Euro, c’est pour les costauds ! Cet Euro 2012, j’insiste, avec Gourcuff moulé dans sa marinière, comme un bar en chemise de sel, ça avait de la gueule. C’était record d’audience assuré auprès des jeunes filles en fleur. On prévoyait même des soirées tomates/mozza/Gourcuff arrosées de rosé pamp’. Et toi, le Prince, de ton seul fait, tu nous coupes l’herbe sous le pied. Alors, j’attends, c’est quoi l’excuse à deux balles ? Une cheville fragile ? Gourcuff, c’est pas une fillette. Il est monté sur du granit. Une proportion de neurones anormalement élevée ? C’est sûr qu’avec un Ribéry, en Ukraine, au pays des yeux félins et de la pommette haute, mieux vaut ne pas disserter sur la traite des blanches au risque de déclarer un incident diplomatique. « La traite des blanches » ça pourrait provoquer chez lui un taux anormalement élevé de testostérones.
Laurent Blanc, tu es un briseur de rêve. Heureusement, j’ai conservé le seul exemplaire acheté de Bretons, le magazine qui sent trop le métro et pas assez le bigorneau. C’est le numéro de mars 2009 et c’est titré : l’irrésistible ascension de Yoann Gourcuff. Pas sûre que ça me console.

Sainte-Agnès

La tête à Toto

Hier, dans le Télégramme, l’édition de Lorient, les candidats à la course parlementaire précisaient leurs dotations de campagne. Grosso modo, ça va de 40 000 € à … 0 €. La grosse enveloppe, pour le cheval du Parti socialiste et la tête à Toto pour : un candidat libre, issu de la FDSEA, déguisé en vache à traire ? Un étudiant fantasque et révolté ? Une mère de famille éclairée par le Saint-Esprit ? Non, la peau de chagrin pour le candidat du Front National ! « Ça nous coûte zéro, car on n’a pas un sou. Alors on fait rien. Chez nous, chaque candidat paie son essence, le parti fournit le reste. Il y en a peut-être pour 1.000 €, je ne sais pas. La permanence de campagne est installée dans mon appartement à Lorient, donc ce ne sont que des coûts indirects. » Finalement, se déguiser en vache à traire pour faire campagne dans les comices agricoles ça aurait du sens.

La tonsure

Pourquoi y a tant d’alcoolos en Bretagne ? Certains prétendent que c’est à cause de 14-18 : pour se racheter, l’état français avait offert une licence de débit de boisson à toutes les veuves de guerre. Mais c’est pas vrai : c’est parce que, encore plus que l’alcool, on aime l’ivresse.
Second épisode de la longue série de ce qu’on a appelé les Poivrots d’Arvor. 

Ça se passe à M-C. Pioupiou, la soixantaine, retraité précoce de la SNCF, depuis qu’il est gamin, il se fait couper les tifs par Germain, autre figure locale. L’atelier tête à coiffer a pris ses quartiers dans le garage. Entre les fils de pêche et les hameçons, avec un éclairage au néon. Pioupiou est roux, a la peau laiteuse (l’adjectif aquanisée, ça existe ?) et est allergique au soleil. Hiver comme été, il porte la casquette : noire ou rouge, selon l’humeur syndicale, en coton ou en laine de mouton selon la saison ; un pull tricoté par sa mère chez qui il vit toujours ; la parka doublée et les bottes en caoutchouc. Pioupiou, on peut pas dire qu’il soit très à cheval sur l’hygiène corporelle. En 2003, l’année de la canicule, le Pioupiou, emmentouflé dans sa tenue de cosmonautes des ardoisières, il sentait pas la rose.

Le pauvre Germain est décédé. La bouteille de Ricard souffre de cette soudaine absence. Puis, à long terme, c’est la tignasse de Pioupiou qui en pâtit. Les herbes folles roussies par le soleil se sauvent de part et d’autre de la casquette. Armand, l’instituteur laïque, celui-là même qui enseigna l’alphabet à Glenmor – et à Pioupiou -, toujours propre sur lui, le prie : « Pioupoou, faut que tu fasses quelque chose. Prends rendez-vous chez le coiffeur. » Y a peu de temps, Prospère, le « Pââârisien d’Argenteuil » les a rejoints sur la tournée quotidienne des bistrots. Personne peut l’encadrer celui-là avec ses manières de cul-béni, mais il est toléré. Sur les tournées, il est toujours réglo. Soucieux d’avoir les bonnes grâces du « Professeur » Armand, Prospère, ce soir-là, décide de régler leur compte aux cheveux « stuff » de Pioupiou.

Le lendemain, Pioupiou porte toujours la casquette. En-deça, il est rasé à blanc. Armand s’emporte : « Mais t’es pas bien, il est allergique au soleil. Tu veux sa mort ? » Et Prospère de le rassurer : « On n’a pas tout coupé. » En effet. Pioupiou retire sa casquette. L’assemblée consultative du bistrot le découvre coiffé d’une tonsure-crinière rousse : Prospère, pour couper les tifs de Pioupiou, n’a pas retiré la calotte syndicale et l’a religieusement contournée…

Sainte-Agnès

Les prénoms et pseudos ont été modifiés

Simple-Esprit

Il en pense quoi le Saint-Esprit de cette journée de solidarité pour les anciens ? Le jour de la Pentecôte, c’est quand même pas très glorieux de se faire voler la vedette par un car de retraités. Mais il n’est pas étranger à l’affaire. Quelle idée, en 2003, de nous coller une canicule et, par un excès de zèle, de vouloir participer au rajeunissement radical de la population ? C’est pas la mission qui lui a été confiée par le Pen Bras. Marie devait être son seul fait d’arme. Le couperet est alors tombé de là-Haut et des ors de République. A chacun sa place. Au ban le Saint-Esprit. Aux peaux déjà tannées par le soleil les températures estivales. Gloire aux Travailleurs syndiqués, vaillants et robustes, en pleine force de l’âge qui ont le choix d’usiner, le Lundi de Pentecôte, pour participer au financement de la dépendance et de ce qu’ils appellent, dans nos institutions, le 5e risque.
A trop vouloir en faire, le Saint-Esprit a participé à la deuxième vague de la laïcité décentralisée. Ça doit pas être la fête tous les jours aux plus hauts des cieux…
Aujourd’hui, un document du 19e siècle, tout à fait authentique (…), déniché par Dom, qui en dit long sur la rigueur scientifique de l’époque.

Sainte-Agnès